Tout le monde (presse, public, nageurs) s’accorde à dire que la 1ère traversée de Paris est un grand succès et qu’il s’agit là d’une des plus grandes manifestations sportives du moment. Malgré cet engouement, une seule fausse note est à retenir. Elle vient de l’USFSA (la future Fédération Française Natation) qui, avant même le départ de cette épreuve « ouverte à tous », interdit à ses adhérents d’y participer (source du journal La Presse du 1er septembre 1905).

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Tous les concurrents à la course sont considérés aux yeux de cette Union comme des professionnels et ceux qui y participeront seront alors exclus de l’USFSA exclusivement réservée aux amateurs. L’oganisateur, dans un souci d’améliorer les conflits, proposera même de faire 2 classements différents, l’un pour les amateurs et l’autre pour les professionnels (Source : La Presse du 6 septembre 1905). L’idée n’est pas retenue par l’Union et il n’y aura qu’un classement. C’est ainsi que Paulus, simple commerçant, est considéré nageur professionnel par l’USFSA et nageur amateur par la fédération professionnelle de natation du moment. Et, le plus incompréhensible dans tout cela, c’est que le co-organisateur de la manifestation Georges Moebs, président de la Société Nationale d’Encouragement à la Natation, n’est ni plus ni moins que … le président de la section natation à l’USFSA. C’est à n’y rien comprendre !

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Suite à cette prise de décision d’exclusion des nageurs professionnels, il va y avoir rupture entre le journal L’Auto et Georges Moebs. En 1906, ce sont 2 traversées de Paris qui sont proposées. La première, professionnelle, est organisée par le journal « l’Auto » le dimanche 15 juillet. La seconde, quant à elle purement amateur, est organisée quinze jours après par la SNEN et Georges Moebs en collaboration cette fois-ci avec le journal « Les Sports », le dimanche 29 juillet. Les deux traversées se nagent sur le même parcours de 12km. Les deux journaux font venir des étrangers et annoncent la présence de féminines, ce qui permet d’assister à deux manifestations quasi identiques. La seule différence, c’est que le départ chez les professionnels se fait par vague alors que chez les amateurs, tous les nageurs partent ensembles. Après 1908, l’épreuve amateur verra sa distance passer à 8km.

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Alors que l’USFSA, et plus tard la FFN, diminue au fur et à mesure le nombre de ses épreuves de longue distance, à l’inverse, le journal « L’Auto », proposera, en plus de la traversée de Paris, plusieurs manifestations spectaculaires de grand fond avec un 24 heures à la nage en 1906, une traversée de Paris réservée aux féminines en 1912 et un marathon à la nage depuis Corbeil jusqu’à Paris sur une distance de 40km en 1924…

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Les épreuves de longues distances seront abandonnées progressivement par la future FFN et disparaîtront totalement du programme national après la deuxième guerre mondiale. Il faudra attendre 1992 pour que la FFN s’intéresse de nouveau à cette discipline qu’elle a pourtant bannie et critiquée dès le début. Elle se sentira alors obligée d’adhérer à la politique de la Fédération Internationale de Natation Amateur qui vient de créer en 1985, dans ses instances, une commission longue distance et qui organisera un 25 km lors des championnats du monde de natation à Perth en 1991. Avec l’organisation par la FFN du premier championnat de France de longue distance, l’année 1992 verra naître l’An 1 de la natation longue distance comme elle le dit dans son magazine « Natation ».

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