En 1906, cela fait déjà plus d’une trentaine d’années, qu’un club anglais fait disputer à Londres, dans le lac de l’Hyde Park, la Serpentine : une course de natation de 110 yards le jour de Noël. Malgré le froid encore plus vif à Londres qu’à Paris, le succès est toujours plus grand d’années en années. A l’imitation des anglais, une coupe de Noël est organisée alors à Paris par la Société Nationale d’Encouragement à la Natation de Georges Moebs, le journal « Les Sports » et « Le Petit Journal ». Elle se dispute à la hauteur du pont Alexandre III et consiste à faire la traversée de la Seine dans sa largeur de la rive droite vers la rive gauche sur une distance de 200m. Si le parcours est plus long que celui de l’épreuve anglaise, en revanche, la température de l’eau est moins basse qu’à Londres où souvent les organisateurs sont obligés de casser la glace

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Pour la première édition, 8 nageurs seulement seront sélectionnés. C’est le français Meister, d’un club parisien, qui remporte l’épreuve en 2’00’’2/5 et dans une eau à 1°C. Tous ces valeureux nageurs viennent de prouver au nombreux public présent sur les berges que l’on peut ainsi sans danger prendre des bains froids en hiver.

Après ce premier succès, cette coupe de Noël devient incontournable et fait partie du programme des animations parisiennes tous les 25 décembre de 1906 à 1940 (sauf de 1914 à 1916)

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Parmi les faits les plus marquants de la coupe de Noël, on notera :

En 1907 : Meister le vainqueur de la première édition a oublié de toucher l’arrivée matérialisée par un drapeau et sera déclassé. A l’issue de cette manifestation, Meister, frustré, lance un défi à Beretta, le vainqueur, qui l’accepte. La confrontation des deux nageurs va avoir lieu le 2 février 1908 sur le même parcours que la Coupe de Noël. Au final, c’est Gérard Meister qui l’emporte avec 6 mètres d’avance. Il couvre la distance en 1m 51s 4/5 et Beretta en 2m 3s 4/5.

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En 1913 : cette année, l’épreuve comporte une innovation. L’organisateur, Georges Moebs, désirant prouver que par tous les temps un bon nageur doit pouvoir se porter au secours d’un de ses semblables tombé à l’eau, a décidé que chaque concurrent devait nager seul les deux tiers du parcours, puis saisir sur une barque un mannequin et effectuer le dernier tiers en le tractant à la nage la tête hors de l’eau jusqu’à l’arrivée. C’est donc une épreuve à la fois de nage pure et de sauvetage que vont effectuer cette année-là les 12 courageux à la grande joie du public.

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En 1917 : c’est en tant que réformé de guerre que Gérard Meister participera à sa 9ème édition qu’il a déjà remporté 6 fois. Blessé pendant le conflit, il garde cinq balles dans le corps et une jambe un peu à la traîne sur la terre ferme. Dans l’eau, c’est un véritable triton et ce petit poids supplémentaire ne le gêne en rien. Il remporte l’épreuve pour la 7ème fois.

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En 1918 : Pour sa 10ème édition, la coupe de Noël sera la « Coupe de la victoire » et les dirigeants de la SNEN ont décidé, pour lui donner plus d’éclat, de n’y admettre que des poilus des nations alliées. Dans le lot des champions militaires désignés par leur corps, deux femmes prendront également le départ et cela en toute logique, puisque l’une, Mme Gourraud Morris, fût motocycliste attachée à un état-major qui fit Verdun et l’autre Mme Marcelle Vianet fut infirmière au front.Au final lesdeux nageuses ne réussiront pas à terminer l’épreuve

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De 1923 à 1940 : record de participation pour le nageur Maloubier qui participe en 1940 à sa 17ème coupe de Noël. Souvent dans les 3 premiers mais jamais vainqueur.

En 1940 : Cette année-là en pleine période de guerre, la traversée n’a plus le même succès et les mêmes louanges que les éditions précédentes. La presse n’hésite pas à titrer : « Epreuve très sportive mais sans aucune utilité pratique » Ce sera la dernière édition de la coupe de Noël créée par Georges Moebs.

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